Lettre ouverte
Mettre fin à la violence sexualisée sur Interne
L'affaire Collien Fernandes montre clairement comment les femmes sont la cible de violences sexuelles sur Internet. La violence sexuelle n'est pas simplement là. Elle est perpétrée. Par des hommes. Les responsables politiques détournent le regard et les oligarques de la tech en tirent profit. Il faut que cela cesse une bonne fois pour toutes!
Nos exigences
Nous exigeons l'interdiction des applications de deepfake et de deepnude qui produisent des contenus sexualisés sans le consentement des personnes concernées
Nous exigeons une régulation stricte des plateformes
Nous exigeons davantage de moyens pour lutter contre la violence sexualisée
Signataires initiales
Lisa Christ, humorist
Renato Kaiser, satiriste
Franziska Schutzbach, auteure
Marlene Reusser, cycliste
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Déjà signé: 94 personnes
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Lettre ouverte : Mettre fin à la violence sexualisée sur Internet
Mesdames les Conseillères fédérales, Messieurs les Conseillers fédéraux
L’Europe est secouée par un nouveau cas de violence sexualisée virtuelle. Pendant des années, Christian Ulmen aurait apparemment créé et diffusé sur Internet des pornos deepfake de sa femme, l’animatrice et mannequin allemande Collien Fernandes.
Nous sommes sidéré-e-s et en colère face à ce qui est arrivé à Collien Fernandes. Une fois de plus, nous constatons qu’une femme est la cible de violences sexualisées sur Internet. Une fois de plus, nous constatons qu’une femme est abusée et humiliée par les nouvelles technologies. Et une fois de plus, nous constatons avec effarement que ce n'est pas un cas isolé. Mais un système.
Ce système est à l’oeuvre ici aussi, en Suisse. La violence sexualisée n'est pas un phénomène abstrait: pour de nombreuses femmes et personnes LGBTIQ+, c'est une dure réalité. Au moins une femme sur cinq a déjà subi des actes sexuels non désirés. Le harcèlement, les menaces ou la création et la diffusion non consenties d'images intimes ne sont pas des phénomènes marginaux – pour beaucoup, c'est un triste quotidien.
Cette violence sexualisée ne doit rien au hasard. Elle est exercée par des hommes. Et elle est rendue possible par des structures patriarcales qui donnent à de trop nombreux hommes le sentiment et la certitude de pouvoir disposer en toute impunité de la dignité, de l'intégrité et du corps des femmes.
L'espace numérique n'a pas seulement rendu cette violence plus visible, il l'a très largement aggravée. Il l’accélère, il la diffuse. Et souvent, sans conséquence pour les auteurs. Les nouvelles technologies donnent aux agresseurs un outil supplémentaire pour humilier les femmes.
L'utilisation de l'intelligence artificielle est particulièrement alarmante : avec les deepfakes et les applications qui proposent de dénuder des personnes sur la base d’une photo ou d’une vidéo («Nudify-Apps»), des contenus sexualisés très réalistes peuvent être créés et diffusés à une vitesse fulgurante, sans que les personnes concernées le sachent ou y consentent. Des femmes, des adolescentes, des enfants sont déshabillées numériquement, sexualisées, abusées et exposées publiquement. Ce n'est pas un délit mineur du numérique. C'est de la violence. De la violence patriarcale.
Trop souvent, les victimes sont rendues responsables. Une femme sur deux ayant subi des violences sexualisées se tait. Seule une part infime des cas est signalée. Par honte. Par sentiment d'impuissance. Et parce que beaucoup le savent : elles ne seront pas prises au sérieux.
Et que fait la politique? Elle regarde. Elle attend. Elle laisse les victimes se battre seules. Et elle soutient ainsi le système patriarcal de la violence. Il faut que cela cesse enfin !
Nous le disons clairement : la honte doit changer de camp.
Nous le disons clairement : la violence sexualisée sur Internet n'est pas un problème individuel. Mais l'expression d'une culture patriarcale.
Nous le disons clairement : c'est un échec politique que les femmes ne soient toujours pas protégées de la violence masculine dans l'espace numérique.
Nous demandons au Conseil fédéral d'agir enfin :
Nous exigeons l'interdiction des applications de deepfake et de deepnude qui produisent des contenus sexualisés sans le consentement des personnes concernées: car ce qui est mis sur Internet une fois ne disparaît jamais.
Nous exigeons une régulation stricte des plateformes : les plateformes sont responsables de ce qui se passe sur leurs sites. Elles doivent être obligées de supprimer rapidement les contenus de violence sexualisée, de mettre à disposition des points de signalement efficaces et de protéger activement les victimes.
Nous exigeons davantage de moyens pour lutter contre la violence sexualisée : les agressions naissent dans une société qui tolère et reproduit la violence sexualisée. Pour briser cette culture, il faut nettement plus de moyens pour la protection des victimes, la prévention et le travail avec les auteurs.
L'espace numérique fait partie de notre société. Il ne doit pas être une zone de non-droit.
Nous attendons du Conseil fédéral des réponses claires et une action déterminée. Maintenant.
Et nous sommes solidaires avec Collien Fernandes et toutes les autres victimes.
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Signataires initiales
Lisa Christ, humorist
Lisa Mazzone, presidente vert-e-s suisses
Renato Kaiser, satiriste
Franziska Schutzbach, auteure
Marlene Reusser, cycliste
Natalia Widla, auteure
Sibel Arslan, conseillère nationale
Raphaël Mahaim, conseiller national
Thomas Wiesel, humorist
Eglantine Jamet, sociologue
Anne-Sophie Keller, journaliste
Sonja Riesen, actrice
Coline de Senarclens, chroniqueuse
Leonore Prochet, conseillère nationale
Anna-Béatrice Schmaltz, Responsable de programme Prévention de la Violence basée sur le Genre
Mandy Abou Shoak, conseillère cantonale
Yann Marguet, Regisseur
Patricia Laeri, entrepreneuse
Miriam Suter, auteure
Organisations
Frauenzentrale Bern | Helvetiarockt | Netzwerk Avanti | Fachstelle Gewalt Bern | VERT-E-S Suisses | Jeunes vert-e-x-s sussies | EKdM - Eidgenössische Kommission dini Mueter | Sante sexuelle suisse | FIZ- Centre d’assistance aux migrantes et aux victimes de la traite des femmes | FemWiss - Verein Feministische Wissenschaft Schweiz | Collettivo Io lotto ogni giorno Ticino | JS - Jeunesse socialiste suisse | D'autres suivront…